✝️ ADIEU À DIMITRIS GHIONIS (1939 - 2026)
- Editions Librairie Desmos
- il y a 19 heures
- 3 min de lecture

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès du journaliste et écrivain Dimitris Ghionis. Mes meilleures pensées vont à son épouse Maria et à son fils Jason.
Au milieu des années 90, avec un autre grand ami de Desmos, Aris Fakinos qui nous a quitté si brutalement, il y a presque trente ans déjà, nous préparions une liste de livres traitant du grand exode rural des années 50. J’ai lu son livre Τώρα θα δεις, que j’ai beaucoup aimé. Je lui avais rendu visite dans son bureau du journal Eleftherotypia, et il m’a accordé les droits de traduction de son livre sans hésiter. Depuis lors, une véritable amitié a commencé entre nous. Chaque fois que je passais à Athènes, il trouvait toujours le temps pour déjeuner avec moi et il me donnait des précieuses informations sur le monde littéraire grec. Par son excellent travail de journaliste, il avait réussi à donner de la noblesse aux pages culturelles et à former des jeunes journalistes qui travaillent aujourd’hui dans les grands quotidiens.
Isabelle Tloupas qui a très, très bien traduit Τώρα θα δεις pour Desmos, nous donne ici une brève biographie et nous parle de son plaisir à traduire ce beau texte de Dimitris Ghionis.
Yannis Mavroeidakos
Dimitris Ghionis - 1939-2026
Le 7 mai 2026, le journaliste et écrivain Dimitris Ghionis est mort à Athènes. Il fut longtemps rédacteur en chef du service culturel au journal Elevtherotypia puis, depuis 2012, collaborateur du Journal des Rédacteurs (Εφημερίδα των συντακτών).
Avant de devenir une personnalité marquante du journalisme, Dimitris Ghionis a été un gamin espiègle, grandi dans une bourgade d’Arcadie, à Dimitsana, où son père tenait un café. En 1951, il part à Athènes où ses frères ont loué trois kiosques ; il découvre les livres et se prend à rêver de devenir journaliste ou écrivain. Autodidacte, il travaille en 1964 au journal Dimokratiki Allayi, il apprend le métier sur le tas et quand, en 1967, avec la dictature des colonels, cesse la parution, il s’exile en France, puis au Canada. C’est en 1975, de retour en Grèce, qu’il se charge des rubriques culture d’Elevtherotypia, dès la création du journal. Au long de sa carrière, il s’est lié avec de grandes figures de l’art cinématographique et musical, Théo Angelopoulos, Manos Loïzos, Dionysis Savvopoulos… et il a su mettre en valeur le reportage culturel par ses enquêtes, ses articles, ses critiques parfois mordantes.
J’ai eu le plaisir de traduire le récit de ses souvenirs d’enfance, Τώρα θα δεις (Tu vas voir ce que tu vas voir), paru aux Éditions Desmos en 2007. C’était en vérité un plaisir, de vivre, par le biais de la traduction, ces souvenirs malicieux et émouvants d’une enfance pauvre, auprès d’une mère à la main leste et d’une fratrie turbulente de onze frères et soeurs, avec les jeux entre copains, les déboires à l’école, la vie du village entre incidents cocasses et événements dramatiques. Le livre avait connu un grand succès en Grèce et Vassilis Vassilikos, dans sa préface à l’édition française, l’évoque comme « une petite brise fraîche dans le sirocco des volumineux best-sellers ».
Lors de la présentation de la traduction, à la Maison de la Grèce, en compagnie de Vassilis Alexakis, j’ai ainsi fait la connaissance de Dimitris Ghionis, un homme chaleureux, cultivé et spirituel qui avait effectué un parcours digne d’admiration depuis l’époque où, galopin dissipé, il échappait à grand-peine aux torgnoles de sa mère et courait pieds nus à travers les ruelles d’un village d’Arcadie.
Isabelle Tloupas





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