es voix des 11 poètes réunis dans ces pages forment un chœur qui, comme dans la tragédie grecque placé entre le spectacle et le spectateur, dénonce ce qui s’est passé à un moment précis de l’histoire grecque contemporaine. C’est sous un régime d’apparence démocratique que le camp de Makronissos fut fondé en 1947. Par le nombre des déportés autant que par l’amplitude et l’intensité des moyens de persécution, individuels et collectifs, physiques et psychiques, mis en place ; par le rôle central qu’il occupait dans la propagande de l’État ; par la « production littéraire » qu’il a engendrée, Makronissos représente l’apogée d’un système politique et législatif établi tout au long d’un siècle d’histoire grecque mouvementée.
Nous nous trouvons ici, à peu près trois mille hommes ordinaires, travailleurs, instruits avec une couverture trouée sur l’épaule avec un oignon, cinq olives et un quignon de lumière dans la musette des hommes ordinaires comme des arbres au soleil des hommes n’ayant commis d’autre faute que celle d’aimer comme toi la liberté et la paix. … (Yannis Ritsos)

