Vient de paraître: 15, rue Hippocrate de Thomas Ioannou



Premier recueil très remarqué, 15, rue Hippocrate nous a donné l’envie de relancer notre collection de poésie grecque contemporaine. Traversé par un questionnement existentiel sans faux-semblants, le recueil interroge un réel douloureux dans un style singulier, entre lyrisme retenu et ironie subtile. Poète intranquille, Thomas Ioannou télescope diverses strates de la langue grecque – du populaire au spécialisé – pour construire des images et des paradoxes qui frappent le lecteur et se gravent dans sa mémoire. L’avenir est sombre et les amours, grevées par l’incommunicabilité entre les êtres, nous dit Ioannou, jeune poète pessimiste mais pas désespéré, qui ouvre et ferme 15, rue Hippocrate sur l’image du mouvement – mouvement de l’écriture, mouvement de l’existence –, dernière liberté en ces temps difficiles. Thomas Ioannou est né en 1979 à Arta. Il a grandi à Prévéza et a fait des études de médecine à Athènes. Actuellement, il exerce en tant que neurologue à Prévéza. 15, rue Hippocrate est son premier recueil et il a reçu, en 2012, le Prix d’État du Jeune auteur. Le recueil a fait l’objet d’une deuxième édition en 2014. Thomas Ioannou est, par ailleurs, membre du comité de rédaction de Ta poiitika, revue de référence consacrée à la poésie.


Traduit par Clio Mavroeidakos.

Édition bilingue.

160 pages, 15x21 cm, 19 € / ISBN 978-2-911427-94-7

Disponible auprès de la Librairie Desmos ou de votre libraire habituel.

Extrait

POUR LE REPOS DES YEUX

Tu as rendu mes larmes publiques Des hommes-gouttes qui tombent dans le vide

Pour se racheter de toute la beauté Qu’ils n’ont supporté de voir Espérant s’évaporer avant La collision et voir La larme du temps rouler sans douleur

Des hommes suspendus Au-dessus de la solitude Accrochés à une paupière Et quand celle-ci finit par se fatiguer

De les soutenir

Ils se sont abandonnés Gouttes de fraîcheur dans le jardin céleste

Mais toi qui sais Que seule une larme peut Courir plus vite que la lumière

Tends la main Retiens mes larmes Avant qu’elles n’éclatent en sanglots

Car la terre est dure Et jamais les yeux N’y trouveront le repos

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