Exposition "Figures et mémoire " de Katerina Bouratzi

Nous avons le plaisir de vous inviter à l'exposition de Katerina Bouratzi, du 29 février au 14 mars, à la Galerie Desmos, aux horaires habituels.

Vernissage samedi 29 février, à partir de 18h30.

L'artiste

Katerina Bouratzi: élaborations et empreintes

Les temps difficiles que nous vivons n’ont pas laissés imperturbables, cela va de soi, la plupart des artistes contemporains qui, au travers du style qui leur est propre, du moyen d’expression plastique qu’ils choisissent, formulent – de façon directe ou indirecte – de nombreux points de vue et aspects de la réalité qui nous entoure, mais aussi les divers moyens dont use l’inconscient pour les percevoir, en traduisant les flux du quotidien crucial et hermétique que nous vivons.

Katerina Bouratzi détient, dans son expression picturale, un mélange de réalisme et d’abstraction où l’un des paramètres nourrit l’autre sous l’angle de l’esthétique et sous celui du sens. Sa peinture cependant évolue à un niveau allégorique et symbolique. Et dans ce contexte, son motif récurrent demeure la silhouette féminine que l’artiste présente de façon elliptique, afin d’exprimer sa présence et en même temps son absence, son identité mais aussi ses désorientations, les interrogations qui la caractérisent ainsi que le mystère qui régit la nature de son existence même, en un lieu, un temps, un cadre et des circonstances données, et où elle apparaît et disparaît.

Par ailleurs, ce motif féminin renvoie à un autre « soi-même » tel qu’il s’esquisse à travers les traces laissées par les aléas de la vie et les échanges avec l’autre. Sensualité et brutalité, provocation et déception ruinent tout espoir. Les changements sont violents tandis que l’élément fugace est partout présent, diffus, soulignant d’autant mieux l’éphémère et l’inéluctable.

Cette peinture du geste qui fonctionne telle une écriture automatique, transforme, et de façon allégorique suggère un quotidien mystérieusement séduisant, et pour l’essentiel, tragique. Un quotidien conflictuel, partagé entre tous ses aspects qui sans cesse réapparaissent au gré des conjonctures. Affirmations et paradoxes, renversements et résistances, profits et pertes, les provocations et les dilemmes de ce monde renferment tout cela, quand les instants nostalgiques et malgré tout dramatiques naissent et s’éteignent au creux des petites et des grandes histoires de la vie. Ces particularités qualitatives se tracent de façon psychodynamique et par un effet de transsubstantiation sur les silhouettes féminines vraisemblables et oniriques, de Katerina Bouratzi, pleines d’énigme et de silence, d’atmosphère et de mystère.

On croirait qu’elles renferment le monde sensible et spirituel de l’existence, anxieuse et en danger face aux valeurs du passé et à celles, impondérables, du présent.


Athina Schina, Historienne de l’art et de la Théorie de la Civilisation

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